Three municipal staff reviewing engineering drawings and a site map during an infrastructure asset management planning meeting

La gestion d’actifs est la discipline qui consiste à décider quoi faire des actifs physiques, et quand. Routes, conduites d’aqueduc, lignes électriques, bâtiments : chacun coûte de l’argent à maintenir, se dégrade selon son propre rythme et entraîne des conséquences s’il fait défaut. La gestion d’actifs, c’est la façon dont un organisme pèse ces trois pressions, les coûts, les risques et la performance, puis s’engage dans une voie qu’il peut défendre, sur toute la vie de l’actif plutôt qu’un exercice budgétaire à la fois.

Points clés :

  • Chaque décision d’actif est un compromis entre coûts, risques et performance. Ce compromis est au centre de la famille de normes ISO 55000.
  • Quatre principes tiennent la discipline ensemble : la valeur, l’alignement, le leadership et l’assurance.
  • Un plan de gestion d’actifs est le lien vivant entre ce que la communauté attend et ce que le budget finance réellement. Les praticiens appellent ce lien la ligne de visée (line of sight).
  • Sous les cadres de référence, la gestion d’actifs est un problème de décision. Un grand parc d’actifs génère des milliards de combinaisons d’interventions possibles, ce qui explique pourquoi la discipline se tourne de plus en plus vers les données et la simulation.
  • Au Canada, ce n’est plus facultatif. Les provinces l’encadrent et le financement fédéral y est rattaché.

Un terme, deux réalités

Une précision avant d’aller plus loin. L’expression appartient aussi à la finance, où des firmes gèrent des portefeuilles de placements pour le compte de leurs clients. Ce secteur n’est pas le sujet ici. Ce guide porte sur la gestion d’actifs physiques et des infrastructures : les routes, les conduites et les réseaux que les communautés utilisent chaque jour.

 Gestion d’actifs financiersGestion d’actifs d’infrastructures
Ce qu’on gèreActions, obligations, portefeuilles de placementsRoutes, conduites, lignes électriques, bâtiments
Qui le faitBanques, gestionnaires de patrimoine, sociétés de fondsMunicipalités, services publics, organismes publics
L’objectifFaire croître le rendement financier des clientsMaintenir les services au juste équilibre entre coûts, risques et performance
L’horizonCycles de marchéDes décennies, souvent toute la vie de l’actif

Les deux domaines s’entendent sur une prémisse : les actifs existent pour produire de la valeur, et quelqu’un doit faire des choix délibérés à leur sujet. Au-delà de cela, ils ont peu en commun.

Pourquoi la gestion d’actifs est-elle importante?

La majeure partie des infrastructures nord-américaines a été construite d’un seul élan il y a des décennies, ce qui signifie qu’une bonne part arrive en fin de vie utile au même moment. Cette convergence survient précisément quand les pressions climatiques, la croissance et les budgets serrés font grimper l’enjeu de chaque décision. Le Bulletin de rendement des infrastructures canadiennes, produit avec la Fédération canadienne des municipalités (FCM), livre le même constat à chaque cycle : une part substantielle des infrastructures municipales est en état passable ou mauvais.

Chaque année où la réhabilitation est reportée, le coût du rattrapage grossit. Ce coût accumulé porte un nom, le déficit de maintien d’actifs, et il s’aggrave discrètement jusqu’à ce qu’un actif fasse défaut ou qu’un organisme de réglementation pose la question. La gestion d’actifs est l’alternative à cette accumulation. Au lieu de réagir aux défaillances, les organismes établissent des niveaux de service, soit des engagements mesurables envers la communauté, puis planifient les interventions pour tenir ces engagements à un coût et à un niveau de risque acceptés en toute conscience.

Qui pratique la gestion d’actifs

Les organismes qui font ce travail sont ceux qui possèdent des infrastructures physiques à longue durée de vie et qui en répondent devant quelqu’un : municipalités et gouvernements régionaux, services d’eau et d’eaux usées, distributeurs d’électricité et de gaz, agences de transport, exploitants de ports, d’aéroports et de parcs immobiliers publics. Ce qu’ils ont en commun : un parc trop vaste pour être géré actif par actif, une obligation de service à laquelle ils ne peuvent se soustraire et un budget fixé par quelqu’un d’autre. La gestion d’actifs est ce qui rend cette combinaison gérable.

Two workers in hard hats and hi-vis vests documenting cracked and potholed pavement on a residential street

Les quatre principes

La pratique canadienne, façonnée par le Programme de gestion d’actifs municipaux de la FCM et par l’Institute of Asset Management, repose sur quatre principes.

  • La valeur. Les actifs sont des moyens, pas des fins. Ils existent pour livrer de la valeur à l’organisme et aux gens qu’il sert, ce qui fait de la préservation d’un actif qui ne sert plus personne un coût plutôt qu’une réussite.
  • L’alignement. Les décisions d’actifs devraient être l’expression technique et financière des objectifs de l’organisme. Un budget de nids-de-poule, c’est un choix de politique publique en bottes de travail.
  • Le leadership. La discipline fonctionne quand la direction la considère comme la façon dont l’organisme fonctionne, pas comme un document que le service d’ingénierie produit une fois par cycle.
  • L’assurance. L’organisme peut démontrer, preuves à l’appui, que ses actifs feront ce qu’on exige d’eux.

Le principe central : coûts, risques et performance

Chaque décision d’actif est un compromis. Dépenser moins cette année, c’est porter plus de risque l’année suivante. Suréquiper, et d’autres services s’en passent. Ce que fait une bonne gestion d’actifs, c’est mettre le compromis en pleine lumière : elle montre ce qu’un budget donné achète en réduction de risque et en fiabilité, pour que les conseils et les directions choisissent en connaissance de cause plutôt qu’en espérant.

Le cycle de vie des actifs

Les actifs traversent quatre phases : acquérir ou construire, exploiter, réhabiliter ou améliorer, mettre hors service. Les décisions prises à une phase fixent les conditions des autres. Sous-investir tôt dans les interventions, et les actifs font défaut jeunes, ce qui devance les coûts de remplacement dans une décennie qui ne les avait pas prévus. C’est pourquoi les praticiens planifient sur l’ensemble du cycle de vie des actifs plutôt que sur le cycle budgétaire annuel. L’option la moins chère cette année est fréquemment la plus coûteuse sur trente ans.

La gestion d’actifs est, au fond, un problème de décision

Voici la partie que la plupart des définitions laissent de côté. Prenez une ville de taille moyenne avec 3 600 km de conduites d’aqueduc. Chaque tronçon peut être réparé, réhabilité par chemisage, remplacé ou laissé tel quel, cette année ou n’importe laquelle des trente prochaines. Multipliez ces options pour chaque tronçon, chaque route au-dessus et chaque scénario budgétaire plausible, et le nombre de plans possibles dépasse largement les milliards.

Aucun comité ne peut évaluer cela. Aucun chiffrier non plus. Les ingénieurs d’expérience portent un jugement remarquable sur les actifs pris un à un, mais les compromis à l’échelle du parc dépassent ce que la mémoire de travail humaine peut contenir d’un coup. C’est la raison pratique pour laquelle la discipline se tourne de plus en plus vers les données et la simulation. Pas une mode, de l’arithmétique.

C’est aussi pourquoi la gestion d’actifs et la finance convergent. Une stratégie d’intervention se comporte comme un instrument financier : elle a un coût, un rendement et un profil de risque, et elle mérite la rigueur analytique qu’un chef des finances appliquerait à toute autre décision de cette ampleur. C’est la prémisse sur laquelle Direxyon bâtit depuis 2001, un logiciel façonné autour de la façon dont les gestionnaires d’actifs décident réellement plutôt qu’autour de la façon dont les bases de données stockent les enregistrements.

En quoi consiste un plan de gestion d’actifs?

Un plan de gestion d’actifs (PGA) énonce ce que possède un organisme, l’état dans lequel il se trouve, le service qu’il a promis et ce qu’il en coûtera à long terme pour tenir cette promesse. Dans une bonne partie du Canada, c’est une obligation légale : le Règlement de l’Ontario 588/17 oblige les municipalités à en tenir un à jour, et le programme de la FCM a aidé des centaines de communautés à développer cette capacité. Un bon PGA n’est pas un document tablette. C’est le lien vivant entre ce que les résidents attendent et ce que le budget finance.

ISO 55000 et la ligne de visée

ISO 55000 est la famille de normes internationales en gestion d’actifs. Son idée centrale est la ligne de mire (line of sight) : chaque décision d’actif doit pouvoir être retracée jusqu’à ce que l’organisme cherche à accomplir, pour que chaque dollar puisse être expliqué. La famille s’est récemment enrichie d’ISO/TS 55014, qui formalise l’exigence d’un cadre explicite de prise de décision, incluant l’architecture organisationnelle et les critères qui gouvernent chaque décision d’investissement. La planification des investissements en actifs est la mécanique analytique qui met les deux en pratique. Sa mise en œuvre est couverte dans notre guide des meilleures pratiques ISO 55000.

Le parcours de maturité : de l’inventaire à la simulation

Peu d’organismes atteignent la maturité en gestion d’actifs d’un seul coup. La plupart suivent la même séquence.

  • Savoir ce qu’on possède. Un inventaire : chaque actif, son âge, sa valeur de remplacement.
  • Connaître son état. Les données d’inspection et d’état transforment une liste en portrait du risque.
  • Rédiger le plan. Un PGA relie l’état des actifs aux engagements de service et aux besoins de financement à long terme.
  • Établir les niveaux de service. Des engagements formels et mesurables dont la communauté peut vous tenir responsable.
  • Établir le cadre de valeur organisationnel. Le Plan Stratégique de Gestion d’Actifs (PSGA) convertit les objectifs de l’organisme en critères de décision explicites (appétit pour le risque, niveaux de service cibles, contraintes budgétaires) qui gouverneront chaque décision d’investissement. Les scénarios sont ensuite évalués par rapport à ce cadre.
  • Simuler l’avenir. Tester les stratégies d’investissement à travers des milliers de scénarios avant d’engager les fonds, en évaluant chacune contre le cadre de valeur du PSGA pour trouver la combinaison qui équilibre le mieux coûts, risques et performance. Cette étape, c’est la planification des investissements en actifs (Asset Investment Planning, ou AIP).

La plupart des municipalités canadiennes se situent quelque part autour des étapes deux et trois. Celles qui atteignent la cinquième en récoltent le rendement. La Ville de Montréal a utilisé la simulation AIP pour établir que réhabiliter ses conduites d’aqueduc, plutôt que les remplacer, permettrait tout de même d’atteindre ses cibles de service tout en réduisant l’investissement annuel requis jusqu’à 50 %. Les services publics d’électricité suivent le même parcours, avec des réseaux à la place des conduites.

Peu importe où vous en êtes dans cette séquence, la prochaine étape est à votre portée. Vous partez de presque zéro? Notre guide pour accélérer la gestion d’actifs dans les administrations locales couvre les premiers gestes. Prêt à simuler? Consultez nos solutions de planification des investissements en actifs pour les municipalités.

Questions fréquemment posées

Comment définir la gestion d’actifs en termes simples?

C’est la façon dont les organismes décident quoi faire de leurs actifs physiques, et quand, pour que les routes, les conduites, les lignes électriques et les bâtiments continuent de livrer le service à un coût et à un niveau de risque que l’organisme peut porter sur l’ensemble du cycle de vie.

La gestion d’actifs, est-ce la même chose que la gestion de patrimoine?

Non. En finance, la gestion d’actifs consiste à gérer des portefeuilles de placements pour des clients. La gestion d’actifs d’infrastructures, l’objet de ce guide, porte sur les décisions d’investissement à long terme sur des actifs physiques pour qu’ils livrent des services publics fiables à un coût soutenable.

Quels sont les principes fondamentaux de la gestion d’actifs?

Quatre : la valeur (les actifs existent pour livrer de la valeur), l’alignement (les décisions d’actifs découlent des objectifs de l’organisme), le leadership (un engagement et une culture portés par la direction) et l’assurance (des preuves que les actifs performeront comme requis).

Quelle est la différence entre la gestion d’actifs et la planification des investissements en actifs?

La gestion d’actifs est la discipline dans son ensemble : politiques, données, plans, décisions. La planification des investissements en actifs (Asset Investment Planning, AIP) en est la couche d’analyse, qui simule des scénarios d’investissement à l’échelle du parc pour trouver le meilleur équilibre à long terme entre coûts, risques et service.

Que contient un plan de gestion d’actifs?

Un document stratégique qui consigne ce que possède un organisme, son état, les niveaux de service visés, ses stratégies de cycle de vie et ses besoins de financement à long terme. Plusieurs provinces canadiennes, dont l’Ontario, exigent que les municipalités en tiennent un.

En quoi consiste la norme ISO 55000?

La famille de normes internationales en gestion d’actifs. Elle énonce les exigences d’un système de gestion d’actifs et repose sur un principe central : la ligne de mire entre les objectifs de l’organisme et les décisions d’actifs.

Pourquoi la gestion d’actifs est-elle importante pour les municipalités?

Parce que les infrastructures vieillissent plus vite que les budgets ne croissent. Elle permet aux municipalités de tenir leurs engagements de service à un coût que les contribuables peuvent porter, de satisfaire aux exigences provinciales et fédérales, et de justifier leurs dépenses avec des données probantes plutôt qu’à l’instinct.

Que fait un gestionnaire d’actifs d’infrastructures?

Il veille à ce qu’un parc d’actifs physiques livre le service promis à un coût et à un niveau de risque que l’organisme peut accepter. Le rôle couvre l’inventaire et les données d’état, la planification du cycle de vie et de la réhabilitation, l’évaluation des risques, les recommandations budgétaires en immobilisations et la reddition de comptes à la direction, aux conseils ou aux organismes de réglementation.

Faut-il des données parfaites pour commencer la gestion d’actifs?

Non. La plupart des organismes commencent avec des inventaires partiels et des données d’état limitées. Commencez à prendre des décisions structurées avec ce que vous avez et améliorez les données en cours de route.

L’essentiel

La gestion d’actifs, c’est la façon dont les organismes tiennent leurs promesses en matière d’infrastructures, en équilibrant coûts, risques et performance sur tout le cycle de vie des routes, des conduites, des lignes électriques et des bâtiments. Elle tient sur quatre principes, elle est codifiée dans ISO 55000 et, au Canada, elle est de plus en plus inscrite dans la loi. Retirez les cadres de référence et une chose demeure : un problème de décision d’une ampleur qu’aucun comité ni chiffrier ne peut contenir. Les organismes qui prennent de l’avance, Montréal parmi eux, sont ceux qui accordent à ces décisions la rigueur qu’elles exigent.

Direxyon conçoit des logiciels de planification des investissements en actifs depuis 2001, autour de trois capacités qui fonctionnent ensemble : la simulation des stratégies de cycle de vie, qui encode la façon dont votre organisation gère réellement chaque famille d’actifs et produit des enveloppes budgétaires probabilistes; un cadre multicritère fondé sur la valeur qui permet de comparer des investissements dans des catégories d’actifs entièrement différentes sur une base commune ajustée au risque; et la simulation de Monte-Carlo, qui modélise l’incertitude de façon explicite, de sorte que chaque plan arrive avec des intervalles de confiance plutôt qu’une fausse précision. Conçu pour les personnes qui doivent transformer les données d’état, les budgets et les attentes de la communauté en décisions défendables. Pour voir ces principes à l’œuvre, explorez nos solutions de planification des investissements en actifs.

Nos spécialistes produits vous présenteront notre approche éprouvée pour améliorer votre planification d’investissements en capital.

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